mercredi 11 février 2015

*** Chic, c'est mercredi *** tendres sorties !

Il était temps, presque à mi-février, de faire un petit point sur quelques nouveautés de ce début d'année...
Le vilain défaut d'Anne-Gaëlle Balpe et Csil. Une couverture toute jaune et ce petit bonhomme au trait fin dans lequel on reconnaît la douce patte de l'illustratrice Csil pour un album écrit par Anne-Gaëlle Balpe, servi dans un écrin. Un coffret, une boîte à secrets ou le signe qu'une fois dompté, le vilain défaut devrait être protégé comme la marque d'une singularité  qu'il faut accepter. Il n'a pas le choix, d'ailleurs, ce petit bonhomme là. Il a des tâches de rousseur, ce petit bonhomme, mais pas d'autre signe particulier, en apparence. Il a pourtant une petite différence, détectée dès la naissance, mais une différence "si petite que tout le monde a cru que c'était un bout de moi". Et pourtant cette petite différence grandit avec l'enfant, prend de la place, trop, et devient aux yeux des autres un vilain défaut. Un défaut qui n'est pas nommé, un défaut qui reste générique pour que la projection fonctionne. Et elle fonctionne, que l'enfant porte son propre "vilain défaut", ou qu'il reconnaisse un copain d'école. C'est avec douceur et une étonnante simplicité qu'Anne-Gaëlle Balpe parle d'un sujet sensible dont l'illustratrice Csil déroule le fil, celui que l'on retrouve dans toutes les pages et qui figure le défaut sans que jamais ce duo d'auteures funambules ne fasse glisser l'histoire dans l’apitoiement ou la résignation : ingénieuse mise en images. Pour cet album, Marmaille et Compagnie propose une qualité d'édition d'exception, le coffret bien sûr, mais aussi, sur papier calque, le gros vilain défaut qui disparaît petit à petit, au fil des pages, effet flip book, quand enfin une solution est trouvée. Optimisme jaune canari et émotions se donnent rendez-vous dans un album qui est un petit bijou en écrin, doré à l'or {maternel} fin, gros *** coup de cœur***.
Donne-moi une histoire de Jean-Luc Englebert. Une petite fille en chemise de nuit s'adresse directement à son papa, qui a étrangement l'air d'être l'auteur de ce livre et même, encore mieux, l'illustrateur, hop hop hop, crayon en main, il en devient un personnage à part entière. Alors elle lui dit qu'elle ne peut pas rester comme ça, en chemise de nuit, celle dont elle est vêtue et croquée en quatre images dans les premières pages. A croquer, ce petit personnage. Elle lui dit aussi, qu'il faut qu'il lui donne une histoire. Princesse, sorcière, chevalier ? Lui propose-t-il. Oui, ce sera une histoire de "chevalièèèère!". Il lui faut des soldats, à peine demandés les voilà qui apparaissent en masse devant l'enfant, "la chevalière est leur chef!". Et en route pour la guerre ! "Ils marchent des jours et des jours ! La guerre est loin...", et il faut des ennemis, mais on ne sait où les trouver et les soldats se fâchent et voilà la chevalière enfermée dans un cachot. Oh! C'est vrai que le personnage principal trouve nulle d'être enfermée comme ça au fond de la forêt, il va lui falloir quelqu'un pour la délivrer. Un roi ? Un prince ? Non non non, la petite fille a besoin d'un vrai super-héros. Le sien, rien que le sien. Et ce sera qui ? Voici un bel album qui, mine de rien, joue à la fois sur la relation père-fille mais aussi sur cette drôle de relation qui lie les personnages à leurs auteurs, et les auteurs à leurs histoires. A lire avec plaisir à plusieurs niveaux, voici un nouvel incontournable à acquérir dans les classes de maternelle et de CP pour évoquer ces sujets avec apparente simplicité et un brin d'humour délicieusement contenu par le fil de la tendresse . *** Coup de cœur***


Mon chien qui pue de Christine Roussey. Gentil, super fort au foot, il court très vite, est toujours là, dans les bons plans et les mauvais moments, ce petit garçon aux pommettes souriantes parle avec beaucoup d'affection de son fidèle compagnon : Alfred, son chien. Un chien qu'il aime, qu'il aime, qu'il aime sans retenue. Ou presque. Parce qu'Alfred a beau avoir tous les bons côtés d'un cabot, il en a aussi les mauvais, les très mauvais, il sent mauvais. Pire : il pue carrément, ouvertement, sans complexe, du bout de la truffe au bout de la queue, il n'y a pas un espace qui ne fouette pas. Il pue partout, tout le temps, de partout et par tous les temps. Ce serait presque possible de vivre ainsi, presque. Et c'était bien le cas jusqu'à présent. Mais à présent, c'est le grand déménagement à New-York, valises dans l'avion... et chien aussi. Mais quand le chien pue comme ça, on fait comment ? De l'humour dans cet album joyeusement farfelu dont les illustrations pétillantes, souriantes, colorées et naïves à souhait sont particulièrement réussies. 


La fourmi m'a piqué la main et Une poule sur un mur illustrés par Marion Billet. Deux nouveaux titres viennent enrichir une très jolie collection chez Nathan qui met en images des comptines bien connues que le jeune enfant peut découvrir du bout des doigts, grâce à des pleins et des rainures, de jolies couleurs et beaucoup de douceur, à l'image du travail de l'illustratrice Marion Billet qui offre un univers toujours très tendre à ses albums. Et pour se mettre une petite note musicale pour terminer cette chronique, il n'y a qu'un air à prendre tout de suite...
"La fourmi m'a piqué la main

La coquine, la coquine
La fourmi m'a piqué la main
La coquine, elle avait faim..."

Ne m'en voulez pas, bonne journée !

*** Les références ***
Le vilain défaut  d'Anne-Gaëlle Balpe et Csil - Editions Marmailles et compagnie - Février 2015 -  20 €.- dès 4 ans.
Donne-moi une histoire  de Jean-Luc Englebert - Editions Pastel- Février 2015 -  11,50 €.- dès 4 ans.
*  Mon chien qui pue de Christine Roussey - Editions de la Martinière Jeunesse - 22 janvier 2015 -  11,90 €.- dès 4 ans.
* La fourmi m'a piqué la main et Une poule sur un mur  illustré par Marion Billet  - Editions Nathan - février 2015 - 7,90 € - à partir de 9 mois.


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