lundi 1 juin 2015

C'était ta fête [des mères] !

Ça y est, cette année j'ai fêté officiellement ma première fête des mères - de celles qui viennent de la bouche des enfants, comme une annonce de tendre programme, "on te fera ton petit déjeuner au lit mais c'est toi qui iras chercher du pain mais ce sera une surprise ", "on te fera un très beau dessin" " j'ai commencé un dessin pour toi mais je le finirai la semaine prochaine", " je te ferai des câlins et un bisou et je te dirai que tu es belle comme une maman qui est trop jolie, belle comme une coccinelle (sic soyez pas jaloux)". C'est chou. C'est tendre. C'est même émouvant parce que leurs petits yeux brillants souriaient de sincérité et d'envie de faire plaisir. Et oui quand même ou même si... Et cela fait des jours qu'ils en parlent alors que moi je n'en pipe mot. Et pour cause. La fête des mères n'est-elle pas au porte-monnaie ce que le Maréchal est au nous voilà ? Mais ce dimanche matin j'ai eu mon petit bouquet de fleurs fraîchement cueillies de la veille au soir, j'ai eu mon petit réveil mélodieux - par l'auto-radio - parce qu'il y a tournoi de basket et qu'il faut être au rendez-vous à 8h30 tapantes (et trébuchantes).  Et puis j'ai eu une toute minuscule bagarre, et une énigme. " Quel insecte peut-il être aussi gros qu'un bras humain ? " Tu ne sais pas ça maman? Mais c'est un phasme!" [C'est la thématique du moment, les insectes et Grenouille mène l'enquête]. J'ai eu de gros bisous, de tendres câlins de ceux qui font oublier qu'on doive répèter cinq fois les choses, qu'on s'emporte pour un presque rien, qu'on essuie des couleuvres, qu'on avale des plâtres. Et j'en ai abusé de ce droit au calme, en rétablissant le cap quand il déviait, en rappelant qu'au fait pas de chamailleries, c'est la fête des mères que diantre et ventre à terre... Pas de raison de ne pas fêter la fête des mères quand le bouquet spontané a été cueilli dans le jardins et les fossés et qu'il est livré avec racines. Je n'avais aucune raison de bouder mon plaisir. Ah ça non ! Je n'ai pas boudé, j'aime être leur maman même quand ce n'est pas facile, même quand je suis crevée, même si je suis seul(e) parent. Mon surnom Baobab, pour garder les pieds sur terre et des racines solides pour les porter, les conduire, les mener, les soutenir, leur donner, quand ils en ont besoin, leur donner la petite brique, la petite pierre, qui trace leur chemin, qui bâtit leurs repères (leur repaire aussi peut-être, dis-je en faisant mes cartons).
Je ne suis pas les parents rêvés. Et je souris quand mon Petit Pois devenu un peu plus grand me dit, quand il est fâché contre moi, qu'il en a marre de ses parents. De SES parents, dit-il quand il ne parle que de moi. Ils ne sont pas non plus, bien entendu, les enfants parfaits (ouf!). Mais je suis leur maman et ils sont mes enfants. Et c'est aussi peut-être pour cela que j'ai été très touchée par ce petit album d'Elisabeth Brami et d'Adèle Garceau, Merci Maman ! qui je crois n'est pas fait uniquement pour les enfants. Merci maman de  m'aimer avec mes imperfections, de les accepter, de ne pas me mettre la pression, de lever le pied, de me faire rencontrer d'autres personnes, de me laisser faire mes devoirs en étude, d'avoir divorcé de papa parce que ça n'allait pas (et merci papa aussi pour les mêmes raisons). Voilà en quelques mots ce que nous dit si bien Elisabeth Brami en présentant 45 situations tirées du quotidien des enfants. Des rimes, du rythme, "Merci maman de tes efforts pour comprendre pourquoi j'ai fait ceci ou cela. Oui, j'ai mangé les croquettes du chat : parfois les bêtises ça ne s'explique pas". Beaucoup d'humour et de tendresse dans cet album qui ne peut laisser indifférent, un peu d'encaustique, de messages à passer, de petites astuces, de clins d’œil, de problèmes résolus (simplement parce qu'ils n'en sont pas), un effet miroir aussi, pour faire entendre aux mamans qu'il est possible de lever le pied  sans culpabiliser ; aux enfants que leurs parents ne sont pas parfaits, mais eux peut-être pas non plus. De naïf, les illustrations n'ont que le trait, l'ensemble du graphisme, vif et coloré, sait répondre ou accompagner un texte enlevé et relevé. A d'autres, la mère à la maison, sainte famille et patrie. De fil en tricot, une maille à l'envers une maille à l'endroit tout n'est pas que point mousse, il y a bien de cotes parfois et ce n'est pas rendre service que d'acheter la plus rapide façon de les niveler.

*** Les références ***
* Merci maman ! d'Elisabeth Brami et Adèle Garceau Seuil Jeunesse  15 mai 2015 - 12,50 € - à partir de 4 ans 

C'est pas "ta mère" c'est la littérature jeunesse qui sera en short cet été. Un événement qui se tiendra du 13 au 31 juillet. + d'infos Ici

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