mercredi 11 mars 2015

*** Chic *** Mises en boîtes

C'est pas dit que ce soit une chic chronique, ces histoires de mises en boîtes. D'une boîte à horreur à une mise en boîte de nuit, voici deux titres ados tendance trash chez Sarbacane. Pour adoucir la tendance, un album Pastel pour tenter d'enlever le goût de l'amer. 
La boîte d'Anne-Gaëlle Balpe. L'argent facile est forcément très cher payé. S'ils ne le savent pas encore, Malt et Jen vont vite s'en rendre compte. Une boîte cachée sous le banc sur lequel ils passent leur temps à zoner, va les faire basculer de l'autre côté. Ils étaient déjà sur le fil, presque à la dérive. Sans boussole, sans rien de bien motivant, dans la vie. Dans la boîte, un mystérieux numéro de téléphone, un billet, une proposition de gagner bien plus et très vite, en échange d'un petit service. Transporter un colis sans en regarder le contenu. Il n'a pas regardé Malt, non, il n'a pas regardé ce qu'il y avait dans le paquet à convoyer. Mais il a compris, assez vite, et même s'il ne le voulait pas, qu'il s'agissait d'organes humains. Situation inextricable, impossible, narration haletante, qui fait basculer dans l'horrible qui donne envie de prendre la fuite. Montée dramatique. Jenn brûle le cash, insouciance rien dans la caboche ou alors les images de la télé, elle incarne à merveille la société de haute consommation et les illusions dans lesquelles les réseaux sociaux font perdre pied et sens. Elle trahit pour des envies de tout ce qui brille, pour du blé, pour rien à carrer. Malt lui subit, prend conscience, veut sortir du piège dans lequel il s'est englué. Son grand secret éclate à la tête de tous. Sa tête éclate sur les escaliers quand il décide que sa vie doit prendre un autre sens. Réussira-t-il à grandir, à assumer ce qu'il est, à devenir responsable ? N'est-il pas trop tard pour rentrer dans ses bottes, droit, revenir dans le chemin après un écart qu'il n'avait pas mesuré, contrôlé, voulu. Dans cette course poursuite, Anne-Gaëlle Balpe ne lâche rien. Pas de pause, pas de répit, le lecteur ne sait plus quand ni où respirer. Elle écrit au coup de flingue, au coup de flippe. Et on flippe. Un bémol parfois côté dialogues mais pour le reste de la narration, et bien moi non plus je n'ai pas su où respirer. Vif et bien mené, l'auteure nous capte, nous y met vite, dans sa boîte. *** Coup de cœur***  
Vénéneuses de Thomas Gilbert. Trash, à la limite de l'insoutenable cette BD de Thomas Gilbert. Histoire, narration, images et situations ultra-violentes, et en même temps il n'y a pas de surprises. Le début annonce le drame : le double suicide de deux jeunes filles amies ; la narration remonte le fil. Elles ont la tête de deux zombies, des yeux verts ou rouges, selon, sans pupille, sans profondeur. Sauf quand elles sautent. Passée la première scène violente, on enchaîne, immersion en boîte de nuit, nuit, jeux de lumières, on imagine le son, trop fort, la transe, la drogue. Vient aussi le sexe, Deux jeunes femmes perdues, avalées par la solitude, le mal-être, les réseaux sociaux, la provocation, les interdits franchis no limit. Personne n'est là pour elles, personnes ne les retient. Elles tiennent juste l'une à l'autre dans un univers hors réel, construit en plaisirs rapides et violent, tout en superficialité. Sans issue possible, sans main tendue. Alors il y a celles qui se prennent, dans la tronche. Il y a celle que l'on saisit pour faire le grand saut final, dans le vide. Mais elle était déjà vide, semble-t-il, leur vie. Vide à en vomir. L'histoire brûle le ventre, les images sont peintes à l'encre acide et traduisent l'horreur. Avis réservé.
Boîtes à bonheurs de Carl Norac et Claude K. Dubois. Comme cadeau choisi par maman Lola veut deux boîtes en carton à monter toute seule. Théo, son petit frère trouve ça nul comme cadeau. Et bien tant pis, ce n'est pas pour lui. A quoi font-elles servir ces deux boîtes, Lola ? A collectionner les bonheurs. Les petits bonheurs dans la petite boîte et les grands dans la grande bien sûr. Et ainsi la petite Lola collectionne petits et grands bonheurs qu'elle ramasse dans sa vie quotidienne. Mais à l'école, Théo moufte et tout le monde se moque de Lola. Chenapan. Et le bisou des parents, peut-on le mettre en boîte lui ? Une histoire où la quête du bonheur trace son chemin à petits pas et tout en douceur. 

*** Les références ***
* La boîte d'Anne-Gaëlle Balpe - Editions Sarbacane - février 2015 - 15,50 € à partir de 14 ans.
* Vénéneuses de Thomas Gilbert - Editions Sarbacane - février 2015 - 22 € - ados/adultes
* Boîtes à bonheur de Carl Norac & Claue K. Dubois Edition L'Ecole de Loisirs - Pastel - janvier 2015 - 9,70 € à partir de 3 ans.


Le festival Rue des Livres se tiendra à Rennes le week-end prochain. Rendez-vous les 15 et 16 mars au Parc des Gayeulles, quartier Maurepas sur le thème de la famille, avec, notamment, côté jeunesse : Jean-Philippe Arrou-VignodPierrick BisinskiMarie DorléansElise Fontenaille, Aurélie Guillerey, Christophe Léon, Matthieu Maudet, Laurent MoreauJo Witek, Yann Wackler...

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