mercredi 25 février 2015

*** chic *** c'est poilade (et temps de cochons)


Après une longue pause d'au moins quelques jours, d'au moins quelques paires de plusieurs heures et d'au moins quelques paires de milliers de secondes, après avoir avalé des couleuvres, des microbes, après avoir épongé des colères, de la mauvaise humeur, des réveils nocturnes pour inondation, toux, et autres petits maux de l'hiver, après avoir fait des machines, du ménage, préparé une raclette, nettoyé la cours avec de grêlons... Après être allée deux fois au cinéma voir des films d'animation parce qu'il ne faisait vraiment pas beau, après avoir testé ce qu'était un temps de cochon en allant vraiment visiter une exposition de cochons. Après avoir pleuré, perdu le moral, la patate, essuyé des grandes marées, après avoir tenté de le repêcher dans mes chaussettes, tout au fond, après avoir envisagé de tout plaquer,
après avoir dû malgré tout, cahin-caha reprendre la route du travail, après avoir raconté des histoires avec des loups, des blaireaux, des chiens qui sourient à l'envers, des éléphants, des bonnets de nuit, lus les légendes d'images de châteaux forts, lu un roman ados sur une boîte à horreur (d'Anne-Gaëlle Balpe, je vous en parlerai bientôt), lu un album sur le même sujet, une boîte, mais à bonheur cette fois, il est dans cette chronique d'ailleurs. Après avoir fait exploser une bouillotte dans le micro-onde, avoir mis un système de bons points en place pour tenter d'apaiser des tensions de petit garçon, après avoir pris du temps dans un bain chaud, plusieurs fois, y avoir lu, y avoir écouté la radio, y avoir mis la tête sous l'eau en me disant, mais comment est-ce possible de m'être coincée comme ça, après avoir regardé mes compteurs à zéro, et bien après tout cela en quelques trop peu de jours hors du travail, pas le temps en tout cas de se dire qu'on est en vacances, je ne savais pas trop par quel bout commencer, pour reprendre le fil du blog. Avec mes piles de livres d'un côté et mes angoisses sur demain de l'autre, me voilà les mains sur les joues, les yeux au-dessus des poches et les coudes en l'air ( surtout quand j'essaie de prendre appui sur chaque pile). Comme une hélice d'hélicoptère justement. Mais je ne décolle pas. J'ai donc décidé de picorer en piochant de-ci et même de-là pour reprendre pied pas tout à fait au plancher. Et puis je vais peut-être retrouver mon moral dans mes chaussettes, le laver, faire des cartons, prendre la décision de déménager. Vraiment. Mais en attendant, quand chacun voie midi à sa porte, Emilie, lui, il voit 7 heures sur l'horloge.
Emile il est 7 heures de Vincent Cuvellier et Ronan Badel. "Emile, debout!  Il est 7 heures!". Pauvre Emile, le voici surpris dans son sommeil, il est 7 heures, il doit se lever "mon chéri". Alors il ouvre les yeux. "Ferme les yeux. Ouvre les yeux" aussi... Il est toujours dans son lit, a toujours sa couette sur la tête et il va bien falloir qu'il les quitte tous les deux. Son lit et sa couette. Et finalement, ce n'est pas une si mauvaise nouvelle. C'est vrai quoi, "c'est bien, 7 heures. C'est une bonne heure. C'est la meilleure heure du monde. Debout! Il est 7 heures!". Et Emile se lève, petit-déjeune, s'habille et file à l'école. Qu'il soit 8h00, l'heure de partir, 10h00 l'heure de la récré, midi l'heure des frites... Il est toujours 7 heures pour Emile que l'on a plaisir à retrouver un poil buté, toujours stoïque (ou alors très discrètement malicieux, force du trait de Ronan Badel qui joue tout dans le regard de l’inénarrable personnage aussi ). Avec sa plume concise et ciselée au millimètre pour faire surgir le comique de situation,  Vincent Cuvellier fait faire à son personnage un tour de l'horloge sans lui faire lâcher son idée. Toujours aussi drôle, Emile fête avec cette nouvelle parution son 10e titre et on ne s'en lasse vraiment pas d'un personnage forgé avec talent par un duo auteur/illustrateur qui s'est parfaitement trouvé.  *** coup de cœur***
Retrouvez Emile à froid et Emile invite une copine ici

Je veux voler d'Antonin Louchard.L'oisillon sur la branche appelle son papa qui vole au loin, occupé à ses occupations de papa, occupé à ses occupations d'adulte. L'oisillon sur la branche lui demande s'il peut lui apprendre à voler. Pas de réponse du papa qui vole au loin, occupé à ses occupations de papa, occupé à ses occupations d'adulte, malgré les multiples demandes de l'oisillon. "Pourquoi tu m'apprends pas ? Tu as trop de travail, c'est ça ?". Et la silhouette paternelle plane au-dessus du nid, plus ou moins loin. Et le pauvre oisillon passe par tous les sentiments, par toutes les questions que peut se poser un petit oisillon délaissé un instant seulement (probablement) par un papa vole au loin, occupé à ses occupations de papa, occupé à ses occupations d'adulte. Et bing, il glisse, bing il tombe par terre, l'oisillon. "Zut!", sans voler. Il ne va pas perdre le Nord pour autant, l'oisillon, avec une chute qui permet à l'histoire de faire une jolie pirouette mêle tendresse et humour dans un  album qui s'inspire forcément du réel. *** Coup de cœur***


*** Les références ***

* Emile il est 7 heures  de Vincent Cuvellier et Ronan Badel - Editions Gallimard Jeunesse  5 février 2015 - 6 € - à partir de 4 ans *** coup de cœur ***
* Je veux voler d'Antonin Louchard - Editions du seuil jeunesse  5 février 2015 - 8,90 € - à partir de 4 ans *** coup de cœur ***
















Les photos qui illustrent cet article sont issues de l'exposition Le cochon une histoire bretonne qui se tient actuellement et jusqu'au 30 août  à l'Ecomusée de la Bintinais à Rennes. + d'infos Ici.


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