jeudi 4 avril 2013

Nox, un nouveau Grevet. Je m'incline ?


Puisque. Puisque je n'avais pas encore chroniqué le tome 1 de Nox, Ici-bas, d'Yves Grevet - auteur de l'inénarrable Méto, l'un de mes gros coups de coeur de cette année et dont vous pouvez vous souvenir Ici - la date du 4 avril semblait la plus adaptée pour publier cette chronique. Certes je ne suis pas en avance. Mais je publie à la date du 4 avril et dans quelques semaines, il n'y paraîtra plus. Le 4 avril, donc parce que le tome 2 est dorénavant chez votre libraire.  Ailleurs, est aussi ici, sur ma Pile à Lire, il est arrivé dans ma boîte aux lettres un jour de pluie tant en dedans qu'en dehors et m'a permis de trouver le sourire. De me réjouir à l'avance sa lecture. De sa future lecture. Comme le tome 1 passe à la moulinette l'équipe d'A l'Ombre du Grand Arbre, je m'empêche de le lire avant d'avoir mis un point final à notre discussion. Comme mes comparses. Nous attendons de vous avoir présenté nos échanges pour ne pas être influencés par  sa suite. Dur. Terriblement dur parce qu'au point final de ce tome ci, Ici-Bas, Yves Grevet a su nous titiller, nous donner envie de connaître la suite, de savoir ce qu'allaient devenir tous ces personnages. Il a su faire en sorte que l'on s'attache à son univers, que l'on s'interroge sur les routes que suivront les personnages, sur leurs choix. A moins que les choses ne soient jouées par avance ? C'est bien le but d'une duologie. Donner faim pour la suite. Le tome un se dévore. 
En quittant fraîchement Méto, 1000 pages de Grevet, j'avais une petite crainte et une grande curiosité de savoir si j'allais adhérer à ce nouvel univers. Mon auteur saura -t-il m'aimanter, me donner une lecture aussi bonne voire meilleur ? Je reconnais que l'usage du pronom possessif est légèrement abusif mais quand vous entrez dans un roman, vous n'avez pas cette sensation qu'il vous appartient ? Alors pourquoi pas celui qui l'écrit, puisque que je fais partie de son lectorat, que je suis son lecteur, sa lectrice ?
Nox. Nox, pour qui a fait un peu de latin, c'est la nuit, les ténèbres. Nox, la nox. Un brouillard permanent dans lequel vivent les habitants de la Ville Basse. Basse, c'est aussi le niveau de vie, dans cette société codifiée et ultra hiérarchisée dans laquelle évolue une majeure partie de la cité, dont les personnages principaux, quatre garçons de 16-17 ans, Lucen, Gerges, Maurce, Jea autour desquels se construit l'intrigue. "Dans notre cité bâtie sur les flancs d'une large colline , l'altitude de l'habitation détermine le rang dans la société".  Quatre amis d'enfance qui atteignent l'âge adulte. Un âge anticipé, dans la ville basse, les conditions de vie sont si difficiles que la mort arrive souvent prématurément. Parmi ce quatuor, c'est à Lucen que notre auteur confie majoritairement le rôle de narrateur interne. Le récit est cependant partagé, complété, étoffé parfois par Gerges dont l'entrée dans la milice va marquer une rupture certaine avec les choix de Lucen, mais le plus souvent par Ludmilla. Ludmilla, une jeune fille de la haute, la haute ville, la haute société, une jeune fille d'un tout autre monde, celui de la lumière, de l'argent, de l'air pur, de l'éducation, de la vraie nourriture. Celui dans lequel il ne manque pas de voyelles aux prénoms, d'ingrédients aux aliments. Celui dans lequel on ne manque pas, tout simplement. Et peut-être encore moins quand on s'appelle Ludmilla, encore que... Orpheline de mère, ultra protégée par un père aux occupations professionnelles mystérieuses, Ludmilla a été élevée par Martha, gouvernante originaire de la ville basse que son père renvoie soudainement. C'est pour la retrouver que sa route croise celle de Lucen, à mille lieues de cet univers doré. 
Dans le monde de Lucen, chacun vit avec des chenillettes aux pieds pour produire sa propre énergie. Dans le monde de Lucen, le mariage ne peut se faire que si le couple est compatible, entendez fertile. Dans le monde de Lucen, sévit une milice puissante qui sème la terreur et empêche toute communication entre les strates radicalement opposées. Dans le monde de Lucen, il y a des univers parallèles, des hommes en lutte, des résistants. Dans le monde de Lucen, qu'on le veuille ou non, à 16 ou 17 ans, il faut déjà choisir. 
Lui qui portait sur son visage le masque de la neutralité, celui de l'anti-héros, du peureux peut-être même, se fait rattraper par sa fidélité et son intégrité. Au péril de sa vie et de celle des siens aussi. Entre roman initiatique et dystopie, Nox, dont l'univers et l'intrigue n'ont rien à envier à Méto, est un grand ***coup de coeur*** pour le blog Maman Baobab. J'attends la lecture de la suite avec une impatience non contenue. Bravo Yves Grevet. Merci Syros.


 Du côté des Croqueurs d'A l'Ombre du Grand Arbre
Retrouvez la chronique de Nathan Ici, de Kik , de Dorot'  et de Bouma Ici  

Aucun commentaire:

Publier un commentaire